mercredi 17 juin 2015




Épitaphe 

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Ô passant !
Toi qui viens écorer ton regret solitaire
Sur la pierre abîmée de ma stèle angulaire.
Etranger !
Déroule ton tapis, assied toi sur mon dos
Mais avant, écoute le lament des oiseaux.

Ô guerrier !
Toi qui fuis ta contrée, sous le feu de la guerre
Éploré, apatride, un radeau à la mer.
Etranger !
Déroule ton tapis, assied toi sur mes os
Mais avant, écoute le lament des oiseaux

Ô cadavre !
Toi qui gis sur tes pieds, langoureuse agonie
Combattant l’obligé, malheureuse harmonie.
Etranger !
Déroule ton tapis, assied toi sur mon dos
Regarde mon tombeau, reconnais-y le tiens,
Ci-gisent les poètes, les enfants chagrins
Qui passant éphémères, ont estampé leur maux
Assied-toi !
Déroule ton souci, viens étayer le nôtre
Et deviens à ton tour, du malheur un apôtre.

Toi! qui nage invisible dans le creux des eaux
Toi! qui passe éphémère ainsi qu’un vol d’oiseau !


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